Deux jours à Hakone

Visite d'une ville connue pour ses sources chaudes et son panorama sur le Mont Fuji. Deux jours magnifiques sur les sentiers battus et en dehors !

Jour 1 : Randonnée, touristes chinois et onsen

5h20, le réveil sonne. Nous nous levons encore ensommeillés pour prendre un petit déjeuner hâtif avant de prendre la route pour la gare de Shinjuku. Hier, nous avons fait l’acquisition de nos Hakone Free Pass. Ceux-ci vont nous permettre de voyager en train entre Tokyo et Hakone, puis de profiter de tous les transports d’Hakone pendant 2 jours. Nous vous le conseillons ! En lisant notre périple, vous verrez qu’il est à n’en pas douter très rentable.

Proche de Tokyo, Hakone est très prisée des Japonais et des touristes du monde entier, nous avons donc préféré nous y rendre en semaine et en hiver, dans l’espoir de l’avoir pour nous seuls, ou presque ! Au bout d’une heure et demi de train sous un grand ciel bleu, Camille me souffle “regarde une montagne au pic enneigé !”. Je me retourne et observe en souriant : “Oui… C’est le Mont Fuji en fait ;)”. Nous ne jouons pas les touristes, et préférons ne pas prendre de mauvaises photos à travers les vitres du train, une randonnée est prévue un peu plus tard dans la matinée, elle devrait nous donner une vue directe sur le volcan sacré ! Malheureusement, c’est la première fois que nous voyons Fuji-san… Et la dernière ! C’est la deuxième fois que les prévisions météo japonaises nous jouent un tour !

En arrivant à Hakone, nous prenons un bus de ligne L direction le Temple de Kintoki. Nous nous amusons du conducteur qui annonce à chaque démarrage un “Yosh’ Yosh’ Yosh'” dans son micro-cravate avant d’arriver au départ de notre randonnée sur le Mont Kintoki. Celle-ci fait l’objet d’un article à part entière. On ne vous spoilera qu’à peine en vous dévoilant que nous avons grandement aimé cette randonnée même si nous n’avons pu qu’imaginer le Mont Fuji à travers les nuages ;).

Le Kintoki Shrine au départ de notre randonnée. Il est dédié à Kintarō, un garçon légendaire d’une force redoutable qui fut élevé dans la forêt du Mont Kintoki.
La Hache de Kintarō, elle est plutôt lourde.

De retour en bas, nos chaussures et nos bâtons couverts de boue, nous avons le plaisir de trouver un petit espace avec robinets et  brosses prévus tout spécialement pour nous autres randonneurs souhaitant se décrasser un peu ! Une spécialité Japonaise qu’on apprécie particulièrement.

Direction Gora par la ligne S qui passe quantité de musées, dont celui du Petit Prince de Saint-Exupéry. Nous rejoignons cet après-midi la boucle touristique classique, celle-ci passe par tous les lieux à visiter du coin. Les transports y sont bien rodés, et au départ d’Hakone, toute une équipe est là pour vous guider dans votre itinéraire et dans votre enchaînement de transports.

Nous embarquons donc un funiculaire (bien moins impressionnant que celui de Saint-Hilaire il faut l’avouer #chauvinisme) qui nous amène au départ d’un télécabine qui nous mènera lui vers la vallée volcanique d’Ōwakudani. Le lieu est interdit aux personnes asthmatiques, des gaz de soufre y jaillissent en effet des entrailles de la terre.

Quelque chose nous chagrine durant le transport, nos voisins sont bruyants, agités… et parlent Chinois ! Que se passe t-il donc ? Nous sommes passé en un instant du calme japonais à un vacarme et une exubérance ambiante ? Une affiche dans la station fini par nous donner la réponse : “Welcome to Chinese New Year Tourists !”. La nouvelle nous éclaire autant qu’elle nous frappe dans nos petits cœurs d’amoureux de la quiétude. Mais passons…

Une odeur d’œuf pourri commence à se faire sentir, de grandes fumerolles jaillissent des crevasses au dessous de nous, et forment un décors apocalyptique jauni par le soufre.

Le télécabine nous dépose devant ce spectacle. Vous pouvez y acheter le souvenir du coin, des œufs durs à la coquille noircie par leur cuisson dans les sources chaudes pleine de soufre. Selon la légende, manger un de ces œufs allongerai votre vie de quelques années (ce qui permet peut-être de revenir à l’équilibre après les années perdues dues aux vapeurs de soufre ? 🙂 ).

Un petit mal de tête nous titille moi et Camille, nous décidons de redescendre rapidement, cela nous permettra aussi d’attraper le dernier bateau de la journée qui lève l’ancre à 16h10. Après un autre voyage en Chine le temps d’une descente en télécabine, le gigantesque bateau pirate attend patiemment son heure pour larguer les amarres.

Oui vous avec bien lu, bateau pirate. (“s’ont fous ces japonais”, ma phrase favorite depuis un mois)

Le trajet est agréable malgré le froid et le vent. Nous nous réfugions rapidement à l’intérieur pour admirer le paysage au chaud, après bien sûr l’avoir photographié. Par temps dégagé, cette croisière, tout comme le télécabine, vous donne même une jolie vu sur le fameux Mont Fuji.

Nous arrivons à bon port et attrapons notre dernier bus de la journée, un direct pour Hakone-Yumoto où notre hôtel est situé. Un hôtel avec Onsen !

Nous arrivons à l’accueil les pantalons crottés par notre matinée de rando’, alors que deux personnes en costume nous accueillent. Après nous avoir expliqué les horaires d’ouverture des bains, la personne nous conduit à notre chambre.

Nous y découvrons tout l’équipement nécessaire pour se rendre au onsen : Deux Yukata (kimono d’été), des Geta (sandales en bois), deux Obi (ceinture pour le Yukata), deux Haori (veste “sur-kimono”) et deux petites serviettes. Un papier nous y explique même comment porter tout cela, en prenant bien garde de mettre le pan droit du yukata contre le corps, l’inverse étant réservé aux morts pendant les rites funéraires !

Nous allons avec plaisir au Onsen, c’est notre deuxième fois, nous connaissons donc déjà les coutumes : les hommes et femmes sont séparés, une fois entré dans le vestiaire, il faut se déshabiller complètement et placer ses vêtements dans un casier. Il faut ensuite entrer dans la pièce des bains où sont disposés des tabourets avec robinet, poire de douche, savon, shampoing. Bref, il faut s’installer et se laver intégralement. Une fois bien propre, vous pouvez enfin entrer dans les bains et goûter à ce petit plaisir d’une eau bien chaude, presque brulante ! Gardez votre serviette au sec, une technique courante est de la plier sur sa tête pendant le bain (attention à ne pas la tremper dans le bains !). En ressortant, votre peau est toute douce et vous vous sentez super bien, plein de chaleur !
Nous nous retrouvons avec Camille pour aller manger, ce qui se révèle être une mission difficile, quasiment aucun restaurant n’est ouvert le soir pendant l’hiver à Hakone. Ce soir ce sera donc un repas acheté au konbini !

Jour 2 : Parc japonais, “Torii Instagram” et sortie des sentiers battus

Après une longue nuit bien reposante et quelques émissions de télévision pour enfant carrément bizarres “pour apprendre le Japonais”, nous entamons notre seconde journée de découverte. Nous allons essayer d’éviter le tourisme de masse du Nouvel An Chinois. Nous faisons tout de même quelques emplettes pour notre petit-déjeuner avant de démarrer et achetons des “manjuu”, petits gâteaux fourrés à l’anko, la fameuse pâte de haricots.

Retour au port d’embarcation, là où nous avons terminé notre petite croisière de la veille. L’objectif est de voir l’allée des vieux cèdres et le temple d’Hakone avec son fameux Torii dans l’eau.

Avant de commencer, nous apercevons un grand parking qui nous intrigue, il semblerai qu’un parc se cache derrière ! Un parc ! Naturellement, nous allons y jeter un œil !

Un très bel amadouvier ! On en trouve même au Japon, parfait pour faire un feu :p

Nous y trouvons un très beau jardin, avec des bancs (si rares au Japon) et en profitons pour manger notre petit-déjeuner, ces manjuu qui se révèlent délicieux, avec une magnifique vue sur le lac (et normalement sur le Fuji-san).

Après cette jolie aparté dans notre programme, nous continuons sur le chemin des vieux cèdres, gigantesques et splendides !

À l’approche du temple, la foule que nous avions quitté hier nous retrouve. Nous l’esquivons habilement en prenant un chemin annexe qui mène directement au Torii. Celui-ci nous avait d’ailleurs semblé vide hier, lorsque nous l’avions passé en bateau pirate… Mais ça c’était seulement de loin !

En réalité, une queue immense attend dans les marches devant le monument, chacun attend de faire “sa photo”, seul ou à deux, sur le petit ponton sous le Torii. Souvent de dos, comme l’impose la mode Instagram ! Si vous voulez voir à quoi cette photo ressemble, direction Instagram (les petites phrases philosophiques sont assez drôles quand on connaît le backstage) : https://www.instagram.com/explore/tags/hakonetorii/

Pour ma part, j’attends le moment opportun pour prendre ma photo sans personne dessus, de côté, pour éviter de faire 30 minutes de queue pour ça.

Nous continuons ensuite vers le temple, le chemin pour y aller est d’ailleurs très joli, de vieilles marches en pierre et toujours de grands cèdres !

C’est assez impressionnant le nombre de pièces jetées dans la nature. Alors que des coffres à offrandes sont disponibles un peu partout dans les temples, et permettent par la même occasion de les entretenir.

Nous reprenons le bus, direction Gora pour aller y arpenter des sentiers non indiqués sur les plans touristiques. Une cascade avait attiré mon attention sur Google Maps avant le voyage…

Mais d’abord, pause déjeuner ! Un petit restaurant japonais qui fait des burgers nous interpelle, après un mois de nourriture Japonaise, nous nous l’autorisons : Le café-bar Woody ! Les burgers y sont très bon et ont l’apparence de ce qu’on peut trouver en France avec un petit goût de Japon à l’intérieur, nous sommes ravis de notre trouvaille ! Ils nous sont servi sans couverts, alors que le burger doit faire 15 cm de hauteur ! Après un premier croc qui perce le jaune d’œuf et me dégouline sur les doigts, je vois à côté de moi une panière avec une grosse fourchette et une grosse cuillère en bois. C’est pas un couteau, mais ça fera l’affaire ;p Nous nous régalons et prenons même un dessert, et ça non plus, ce n’est pas le plus courant par ici !

La marche après le restaurant fait du bien, nous prenons une petite route de quartier qui se transforme petit à petit en chemin. La cascade n’est pas très loin.

À notre arrivée un photographe est sur place, immortalisant patiemment la cascade. Nous en profitons pour nous installer sur un banc en attendant notre tour, bercés par le son de l’eau qui ruissellent sur la mousse et la roche.

Cette cascade s’appelle Chisuji Falls, qui se traduit par la cascade aux milles lignes. L’eau qui s’y écoule est chauffée, créant de petits nuages de fumée par cette après-midi d’hiver.

Cet arbre poussant sur un rocher est assez impressionnant !

Camille observe, écoute, découvre les milles détails qui composent cette scène admirable, j’en profite pour réaliser une vidéo contemplative.

Au moment de partir, un groupe de dames vient s’installer sur une table voisine de la nôtre, et tandis que nous nous levons, l’une d’elle s’approche avec une boite de gâteau fait maison pour nous en offrir. Il s’agit à nouveau de manjuu en forme de feuilles, on en raffolent vraiment avec Camille (sérieusement, pourquoi la mondialisation n’a pas démocratisé ça chez nous ?) Les gens sont comme ça ici, enfin surtout les randonneurs, ils aiment bien offrir des choses (en tout cas aux touristes) !

Il est l’heure maintenant de rentrer, nous profitons du train de montagne (fabriqué en Suisse) pour rentrer à Hakone afin de rejoindre Tokyo ! Le soleil se lève une fois dans le train du retour, mais pas assez vite pour dégager la vue sur le Fuji ! La photo sera pour une autre fois !

Notre photo du Mont Fuji… Mais si là ! Derrière le gros nuage !
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