Du Col de la Charmette aux alpages de la Sure

Une nuit en refuge entre deux montagnes. Entre forêt et alpages, une rando très sympa en Chartreuse avec de beaux paysages.

Après quelques minutes de voiture sur une route étroite et sinueuse, nous arrivons au Col de la Charmette. Ce col situé après Saint-Égrève et Proveysieux est le point de départ de nombreuses randonnées en Chartreuse, dans un domaine de l’Office National des Forêts.
Un dernier état de l’inventaire s’impose : vêtements chauds, itinéraire, carte, bouteilles d’eau, duvets, tapis de sol et raclette… Et oui ! Ce soir nous dormons là-haut, plus précisément au refuge d’Hurtières, au milieu de l’alpage de la Sure.

D’ailleurs, voici notre itinéraire final en rouge, et en gris le chemin qu’on voulait prendre (oui on s’est un peu perdu) :

Carte ©GEOPORTAIL, itinéraire précis et détaillé offert par Camille

Vers 14h, nous partons d’un pas assuré du Col de la Charmette, c’est parti pour une très jolie randonnée qui commence au milieu des arbres. Après seulement 5 minutes de marche, nous arrivons au pied du Pas de l’Âne, un chemin assez raide et caillouteux (en guise d’échauffement) qui longe la falaise. Il offre une belle vue sur le Charmant Som.

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Une fois franchi, nous arrivons sur un chemin forestier alternant des phases plus ou moins raides. De très jolies décors s’offrent à nous, la lumière du soleil d’automne passe au travers des épines de pins et des feuilles tombantes.

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Après avoir croisé un panneau indiquant “Goulet d’Hurtières” (vers le refuge), nous prenons direction le Col de la Petite Vache pour faire une plus grande randonnée, comme prévu initialement !
Au bout d’1h45 de grimpette en forêt le plus souvent à l’ombre et de nombreuses pauses photos, nous arrivons au Col où le soleil pointe le bout de son nez. Un vrai plaisir. Nous avons une très belle vue sur la Grande Sure ainsi que sur une mer de nuage au dessus de la vallée. J’en profite pour installer mon appareil photo pour capturer un timelapse (que vous trouverez un peu plus loin dans l’article) et pour profiter de la vue au soleil.

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Cependant, au bout d’une dizaine de minute, quelque chose nous interpelle (élément perturbateur, on se croirait dans le scénario d’un film), la mer de nuage… En effet, la montagne que nous voyions auparavant a disparu sous les nuages, ces derniers sont en train de s’élever et de s’approcher de nous ! Nous décidons de continuer assez rapidement afin de ne pas nous faire engloutir dans ce brouillard épais !

Nous nous approchons du Col de la Sure à grands pas sur un terrain assez plat, en croisant quelques sources d’eau aménagées pour les animaux de l’alpage, toujours en nous retournant pour constater que les nuages continuent de monter. Nous devons atteindre le Col pour voir d’en haut où se situe le refuge. Quelques centaines de mètres avant d’arriver au Col, un dernier regard en arrière me rassure, les nuages ont abandonnés leur poursuite… Je regarde donc devant moi, et j’assiste au plus gros retournement de situation de ma vie :

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Et oui, les nuages sont passés par l’autre côté du Col… Catastrophe. Le nuage nous englouti, le froid s’installe et nous enfilons nos vestes d’hiver. Cela ne nous décourage pas pour autant et nous gardons le sourire ! dsc_2256

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Après quelques minutes de marche direction “Hurtières”, le soleil traverse les nuages et ceux-ci se dissipent, la vue nous émerveille.

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La dernière étape est de trouver le refuge, qui se trouve quelque part dans le creux entre les montagnes. Impossible, tout est recouvert par les nuages… (voir photo ci-dessus) La carte que j’ai apporté n’indique aucun chemin vers le refuge, et nous n’avons pas vu de panneau l’indiquant (surement à cause de la brume). Je me repère à peu prêt par rapport aux montagnes et falaises sur la carte (merci à mon travail de m’avoir initié à la course d’orientation) et nous entamons notre descente vers l’inconnu.

Un mot de Camille : Nous descendons sans y voir très loin, et sans avoir pu apercevoir le refuge depuis les hauteurs comme prévu… Alors que nous avançons à tâtons dans la brume, je nous imagine déjà devoir improviser un campement sous un arbre, entre deux rochers, pour y passer la nuit tant bien que mal. Et ce n’est pas sans un certain amusement que je me dis que dans un tel cas, nous nous réveillerions sûrement à quelques mètres du refuge, sans avoir pu le voir… =)

Après quelques moments de grands doutes (comment puis-je me repérer sur la carte si je ne vois pas à 10 mètres ?), nous apercevons une barrière, puis une autre, puis un toit ! Nous avons trouvé ! L’ambiance est très lugubre (Halloween s’étant déroulé la veille, nous restons dans le thème), nous nous approchons pour trouver l’entrée du refuge. dsc_2261Première porte bloquée par des planches métalliques. Deuxième porte fermée… À quelques mètres de la troisième, nous apercevons une personne assise sur le banc à l’extérieur, accompagné d’un âne dans un enclot provisoire.

Ce soir, nous ne dormirons pas seuls dans le refuge. Nous faisons connaissance avec Jacquo et son âne Gugusse qui passent leur dernière nuit en montagne après 4 jours de randonnée.  Le soleil couché, il nous aide à allumer le poêle dans le refuge, après nos tentatives quelques peu honteuses, et bien sûre infructueuses. Nous commençons à réchauffer et préparer notre raclette dans la popote (à défaut de coupelle) ! Un repas très sympa qui se termine par la dégustation de notre première compote maison (pommes, poires, noisettes s’il vous plait).

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Pour finir, avant d’aller nous coucher, nous bravons le froid pour aller admirer les étoiles qui dominent les falaises. Nous rentrons plutôt vite, le brouillard revient cachant la vue.

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La nuit passe, une lueur traverse les trous du volet, il est 7h. Je me lève avec Camille pour aller observer le lever du soleil, et j’en profite pour faire un second timelapse. Vous pouvez voir ci-dessous les 2 timelapses réalisés pendant la randonnée (la photo de fin est juste là pour ne pas arrêter la musique au milieu d’un couplet, j’avoue).

 

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Le soleil levé, nos deux amis s’en vont pour arriver au Col de la Charmette avant midi. Gugusse étant un peu peureux devant certains obstacles, mieux vaut prévoir large. Après avoir nettoyé le refuge, nous repartons en changeant d’itinéraire (initialement beaucoup plus long, passant par la Vallée de Vararey) pour passer par le Goulet d’Hurtières afin de rejoindre le Col de la Charmette (Itinéraire que j’avais trouvé sur internet les jours précédents).

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Aucun chemin n’est tracé entre le refuge et le Goulet d’Hurtières, nous décidons de passer “tout droit”. Après une vingtaine de minutes d’effort, nous rattrapons enfin le chemin et arrivons au Goulet. Une belle vue sur l’ensemble d’Hurtières s’offre à nous.

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À partir de là, nous nous retrouvons sur un petit chemin dans la forêt. Nouveau rebondissement :
Le chemin se sépare en 2, nous avons le choix entre gauche et droite. Je décide de nous diriger à gauche, avec l’argument choc du “Bah même si c’est pas le bon chemin, dans tous les cas si on continue tout droit à travers la forêt, on tombe forcément sur le chemin d’hier”.

Je ne vais pas laisser trainer le suspens, c’était le mauvais chemin. Nous avons suivi une piste non tracée, sûrement formée par de nombreuses personnes ayant fait la même erreur que nous. Le “chemin” se re-sépare à certains endroits, nous faisons demi-tour quelques fois car un arbre bloque le passage. Cependant, le décors est magnifique.

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Après une petite heure de marche incertaine, nous arrivons sur un large sentier creusé par de nombreux passages de véhicules. Ouf. On comprend vite qu’il s’agit d’un passage aménagé pour l’acheminement du bois coupé aux vues de l’énormité des traces dans la boue. Une demi-heure plus tard, nous arrivons enfin à l’endroit prévu, l’intersection “Goulet d’Hurtières” et “Col de la Petite Vache” que nous avions croisé à l’allée (je l’ai pris en photo pour le souvenir).

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Nous repassons par le Pas de l’Âne et arrivons à ma bonne vieille Clio. Un bon petit repas à la Ferme à Dédé nous attend !

Un petit coucou à Jacquo qui nous lit peut-être, merci pour ce bon moment !

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