Le Mont Thabor en 3 jours, au cœur du Massif des Cerces

Trek au cœur des Cerces, objectif Mont Thabor depuis Plan Lachat avec bivouacs au bord de lacs magnifiques.

Ce trek peut s’effectuer en 3 ou 4 jours, en fonction de la météo et de vos envies ! Personnellement, nous l’avons fait en 3 jours sans passer par le lac des Cerces car l’orage s’annonçait.

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Jour 1 : De Plan Lachat jusqu’au lac Rond, en passant par le refuge des Drayères

La route depuis Grenoble en passant par la Grave et le col du Grand Galibier est déjà magnifique. Nous sommes directement dans l’ambiance. Malheureusement pour nous aujourd’hui, la météo s’est trompée, et nous passerons l’intégralité du premier jour sous la pluie, jusqu’au planté de tente vers 18h. Heureusement, l’itinéraire est un aller-retour, nous profiterons de la vue le troisième jour. Les photos du Jour 1 de cet article sont donc issues du 3ème jour 😉

Sur le parking du Plan Lachat ! Nous avions une sacré motivation pour ne pas annuler avec ce temps. Souvenirs d’Irlande.

L’itinéraire commence par une piste carrossable menant jusqu’au Camp militaire des Rochilles, mais un petit chemin de terre permet aux marcheurs de « couper » et de marcher sur un vrai chemin de randonnée.

Par beau temps, cette vallée est magnifique, vous pourrez y voir des marmottes et d’énormes troupeaux de moutons (ne vous approchez pas trop, il y a des chiens de protection).

Le chemin passe à gauche, pas besoin de passer dans le troupeau 🙂
Quelques chèvres dans leur milieu de prédilection !
Les marmottes hurlent à notre arrivée, nous en voyons une dizaine dans un petit écrin de verdure.

Arrivés au camp des Rochilles, nous nous abritons pour manger dans le refuge du même nom. Une pancarte sur la porte indique le refuge au bout du long bâtiment sur votre gauche, le reste du camp est réservé à l’armée. Un autre couple de randonneur a eu la même idée que nous. Alors que nous repartons, nous les voyons se préparer pour la sieste, c’est tentant avec ce temps, mais nous devons avancer !

Le camp des Rochilles vu d’en haut. Le refuge se trouve dans le bâtiment le plus au fond à droite.

Le lac du Grand Ban et le lac Rond ne sont plus très loin, juste derrière le col au dessus du camp. Ces lacs sont immenses et peuvent accueillir de nombreuses familles de randonneurs à la journée. Mais aujourd’hui, en plus de la pluie, le vent souffle, nous nous hâtons sur le chemin plat longeant les lacs.

Nous avons quand même l’occasion d’apprécier la vue au retour. Lac du Grand Ban.
Et le Lac Rond, qui n’a de rond que le nom d’ailleurs.

Entre les deux lacs et le lac de la Clarée juste après, vous pourrez apercevoir des vestiges de la guerre dans la falaise à gauche, un bunker attire de nombreux randonneurs curieux. Il est marqué « Ouvrage des Rochilles » sur la carte.

Lac de la Clarée
Un souvenir de la guerre

Et c’est parti pour la descente jusqu’au refuge des Drayères. C’est une partie très agréable à l’aller comme au retour, le paysage et le chemin sont très varié. Vous passerez à un moment au milieu d’une zone humide par un chemin de dalles de pierre, très sympathique.

Nous apercevons le refuge dans sa vallée idyllique, même par mauvais temps. Et qui dit refuge gardé, dit petit réconfort !

C’est le chemin qui bouge ou bien ?

Nous décidons de nous y renseigner sur la météo de cette fin de la journée et pour déguster un petit chocolat chaud à l’intérieur, au chaud ! De nombreux randonneurs ont eu la même idée, et une ambiance reposante plane dans le refuge, jeux de cartes, discussions…

Après avoir siroté notre chocolat, et nous être réchauffé les mains sur le verre chaud, nous repartons directement pour installer notre tente au plus tôt, afin de profiter de l’accalmie prévue dans la soirée.

On repart sous la pluie !
Jour 1 sous la pluie
Jour 3 par beau temps, c’est pas la même hein ?

Il reste environ une heure de marche avant d’arriver au lac Rond… Et oui, un deuxième lac Rond, et celui-ci porte bien son nom ! Nous plantons la tente dans un endroit plat non loin du lac, à l’abri du vent. Nous rentrons dans la tente pour pendre nos affaires mouillées, nous changer et faire une petit sieste avant le repas du soir.

Ce deuxième lac Rond porte bien son nom cette fois-ci !
À la sortie de la tente, des randonneurs la bière à la main ont eu l’idée de planter leurs deux tentes à 10 mètres de nous… Pas cool, ne faites pas ça par pitié.
Le ciel se dégage un peu pour le repas ! Le long du ruisseau, à l’abri du vent, parfait !

Après le repas, au dodo ! Demain, grosse journée, réveil à 5h30.

Jour 2 : l’ascension du Mont Thabor, le Lac Blanc et Lac Chardonnet

5h30, la lumière illumine la toile de tente, il a fait froid cette nuit ! Et effectivement, le gel recouvre notre tente.

« -Montre comment il fait froid ! -😬 »

Comme prévu, le temps est avec nous aujourd’hui, parfait pour l’étape la plus physique ! Nous profitons quelques instants des couleurs du lever de soleil avant de replier grossièrement nos affaires, nous allons marcher jusqu’à l’arrivée du soleil et nous ferons sécher nos affaires en mangeant.

Ah, la chaleur, enfin !

Nous trouvons un coin super, de grands rochers plats nous permettent de tendre la toile de tente, nos chaussures et nos affaires au soleil. En attendant nous mangeons pieds nus, et profitons pendant environ deux heures. Un plaisir après la journée d’hier.

Les chaussures sont quasi-sèches, elles finiront par sécher complètement pendant notre journée de marche. Au moins, nous n’avons plus les pieds congelés par l’humidité et le froid.

Nous repartons direction le Lac des Muandes qui n’est plus très loin, puis le col des Muandes. Le paysage change de plus en plus, nous passons de grandes étendues d’herbes à un paysage rocheux désertique, avec quelques névés.

Le Lac des Muandes
La roche orangée contraste bien avec l’herbe verdoyante en aval.
La Pointe des Cerces et le lac rond (à gauche)

Nous voilà au Col des Muandes, nous avons un aperçu du chemin à parcourir jusqu’au Mont Thabor, mais également un aperçu de la vallée du Lac Chardonnet à côté duquel nous dormirons ce soir ! Nous reviendrons au Col des Muandes demain pour le retour, c’est ici que notre itinéraire boucle.

Le Roc de Valmeinier à droite, le Mont Thabor et sa pierre orange au centre.
Zoom sur le Mont Thabor, nous apercevons la chapelle à son sommet.
Le lac Chardonnet est caché au centre de la photo (ce n’est pas le petit lac sans nom en premier plan)

Après un petit encas à l’abri du vent, nous entamons la partie Mont Thabor. La Roche du Chardonnet se grimpe rapidement et nous offre une vue sur la vallée de Valmeinier.

La vallée de Valmeinier

Suit la crête jusqu’au Col de Valmeinier, où un gigantesque névé nous fait face. Passage obligatoire jusqu’au Thabor, mais la marque est déjà tracée et la neige pleine d’eau ne glisse pas.

Impressionnant n’est-ce pas ?
Zoom sur le roc de Valmeinier, avec sa pierre coincée entre deux falaises.

La montée alterne entre névés en pente et rochers, c’est assez technique, les bâtons sont indispensables (surtout avec un sac de 10 kg). Je n’ai pas fait beaucoup de photos sur cette section.

Derrière nous, le Col de la Chapelle et le chemin assez technique. Nous sommes presque arrivés.
Nous arrivons sur un petit plateau avant la montée finale. Ici se rejoignent notre chemin et celui de la Vallée Étroite / d’Italie que nous emprunterons en redescendant.

Étonnamment cette année, le chemin est TRÈS pratiqué (peut-être à cause du COVID ?), de nombreux marcheurs à la journée sont à la queue-leu-leu jusqu’au sommet, parfois un peu envahissant et bruyants, mais faisons abstraction pour la suite de l’article.

Le chemin final.
La tête dans les nuages au sommet 😀
Depuis le sommet

Malgré l’heure (14h), nous préférons repartir et manger plus tard dans l’après-midi, au calme et sans vent. C’est parti pour la descente, assez dure pour les genoux, mais en prenant le temps et en usant des bâtons, tout se passe bien. La vue est magnifique. Je vous laisse profiter !

On se retourne pour voir le chemin descendu.
Le Grand Séru (à droite) est magnifique. La Roche Bernaude au fond marque la frontière avec l’Italie.
Le retour des cours d’eau, on en profite pour remplir la gourde filtrante !

Au Col des Méandes, direction le Lac blanc.

Les marmottes sifflent dans le « Vallon du diner ». D’ailleurs, notre ventre gronde, il est temps de trouver un coin sympa pour manger !
Et le voici, notre coin sympa pour manger !
Notre repas/goûter à 16h ! De la semoule « Al dente » à l’eau froide, un peu la flemme d’allumer le réchaud à cette heure tardive.
Une marmotte nous observe manger.

Il reste une vingtaine de minutes avant d’arriver au lac Blanc, mais nous avons encore du temps avant le coucher de soleil, nous préférons viser le Lac Chardonnet pour ce soir afin de réduire la dernière étape. En effet, demain soir, l’orage est annoncé. C’est ici que nous décidons que le trek se fera en 3 jours.
Et nous faisons bien, 5-6 tentes sont déjà plantées au bord du Lac Blanc à notre passage (j’ai même oublié d’en faire une photo !)

Juste après le lac Blanc, le chemin est difficile à voir, il faut suivre le ruisseau sur la gauche afin de le traverser et reprendre le chemin tracé.

Ici, c’est assez difficile psychologiquement, les deux lacs sont à la même altitude cependant le chemin descend de 150m de dénivelé pour remonter ensuite. Mais si vous êtes prévenu, c’est plus facilement acceptable 🙂

Nous arrivons à 18h et je fais le tour du lac pour faire quelques photos. Le vent souffle fort, la houle se forme sur le lac et produit un petit bruit de clapotis sur les cailloux, très agréable !

Nous recherchons longuement le meilleur endroit à l’abri du vent pour planter la tente, et prenons un peu nos distances avec le lac pour nous rapprocher du chemin, dans un petit creux au bord d’un ruisseau.

Jour 3 : Retour au Plan Lachat par le lac des Cerces (ou pas)

Ce matin, le gel est de retour sur la tente ! Nous profitons cette fois du lever de soleil à 7h et prenons notre temps pour manger et retourner voir le lac, sans vent cette fois.

Fait pas chaud chaud, mais le soleil arrive !
En aval, les vaches connaissent bien les lieux. Elles attendaient à l’endroit ensoleillé en premier !
Le transat parfait !

C’est reparti, il nous reste 200 m de dénivelé avant de retrouver le Col des Muandres, et entamer le retour par le même chemin qu’à l’aller.

Le lac et notre lieu de bivouac vus depuis le chemin.
De retour au col des Muandes.

Retour en image :

Refuge des Drayères
Le déplacement du troupeau de mouton ressemble à un fluide de loin.
Lac Rond et Lac du Grand Ban.

Si vous décidez de faire la boucle par le lac des Cerces, il vous suffit de tourner à gauche entre le lac Rond et le Lac du Grand Ban, et de suivre le sentier direction sud. Comme expliqué précédemment, l’orage arrivait, nous avons donc décidé d’écourter et de reprendre le chemin de l’aller.

Et voilà, retour à la voiture, le pluie commence tout juste à tomber et ne nous quittera pas pendant 2 jours, nous avons bien fait d’écourter !

C’est ainsi que je clôture cet article qui m’a pris incroyablement longtemps à écrire, j’espère qu’il vous a plu et vous donnera des envies d’aventures similaires ! Le gap entre un bivouac sur 2 jours et un trek de 3/4 jours est assez grand, demande plus de préparation et de matériel, mais si vous êtes intéressés, de nombreuses ressources sont disponibles sur internet !

Mon petit conseil : du matériel Décathlon moyen de gamme suffit amplement, pas besoin de se ruiner chez les concurrents de renom, dont la simple prononciation du nom donne des frissons à votre porte-monnaie. Pour la nourriture, nous préférons faire nos mélanges de semoule / graines nous même dans des magasins bio en vrac, vous ressortirez avec des repas légers, bons, économiques et aussi facile à préparer qu’un repas lyophilisé. Avec ça, du saucisson, des soupes en poudre, des nouilles instantanées, de la tisane, du chocolat noir et un mélange de noix / noix de cajou / noisettes / amandes / fruits secs pour les encas énergétiques !

Rappelons enfin que la nature est fragile, aussi, il est impératif de se montrer discret et silencieux, de ne laisser aucune traces, pas même quelques fins d’allumette, de coques de noix ou de pelures de fruits. Si vous avez accumulé des cailloux, redispersez les et surtout, ne vous éloignez pas trop du chemin.

Bon trek !

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