Fêter Setsubun au Gokoku-ji

Le 03 février, c'est la fête du Setsubun, qui symbolise la fin de l'hiver selon le calendrier lunaire japonais. On va tout vous expliquer !

Les traditions du Setsubun

D’abord, il y a la tradition de manger un Ehomaki. Ce nom a été rendu populaire il y 20 ans par les konbini Seven Eleven, littéralement, il veut dire quelque chose comme “maki de la bonne direction”. C’est un maki non coupé qu’on mange en une fois, en silence, et dans la bonne direction. Celle-ci change en fonction des années (cette année c’est Est-Nord-est). C’est une tradition originaire d’Osaka, mais elle s’est popularisé dans tout le pays ces dernières années (le marketing tout ça tout ça).

Et puis il y a les haricots… Et ça devient encore plus intéressant ! Il s’agit là de chasser les démons de sa maison et d’inviter la bonne fortune à y entrer.
Pour ce faire, on va jeter des haricots grillés, les mame, sur ces démons en criant “Oni ha soto, fuku ha uchi!”. Le démon, c’est un peu comme le Père Noël en France, un membre de la famille s’y colle pour se déguiser et amuser ainsi les enfants. Et ça, ça s’appelle le Mamemaki. On fait ça en famille à la maison, mais beaucoup d’événements sont organisés dans tout le Japon dans les temples et sanctuaires.

On va vous raconter notre expérience du jour…

Fêtons Setsubun au Gokoku-ji

On a choisi le Gokoku-ji, un des temples bouddhistes les plus importants de la capitale.

Pour l’évènement, on trouve des stands devant le temple et tout un tas de spécialités japonaise à déguster !

Nous sommes en compagnie d’une amie française, saurez-vous la retrouver ?

On commence par un concert de tambours japonais absolument merveilleux ! Il y a une vingtaine de percussionnistes sur scène qui jouent dans une gaieté à couper le souffle, et qui donnent envie de les rejoindre !

Ils changent constamment de place sur scène, poussent des cris et frappent les tambours avec une vigueur étonnante ! La musique nous porte et nous hypnotise, et de temps à autre quelques oiseaux s’envolent, certainement effrayé de tout ce bruit !

 

A la fin du spectacle, les démons (Oni) sont de sortie et se déchainent au son des tambours !

Puis l’on sent la foule frémir et s’agiter, là-bas, au coin du temple, les téléphones sont tous sortis, quelqu’un se fait photographier. C’est une jeune femme vêtue d’un kimono, que nous sommes, de toute évidence, seuls à ne pas connaître. C’est en fait une chanteuse de enka, un genre musical japonais, où l’on chante des balades sentimentales d’une manière assez particulière…

Mais le public n’a pas fini de frémir, et le plus gros du spectacle reste à venir pour le public qui nous entoure ! Un homme vêtu d’un costume vert fluo arrive sur scène et déchaine une foule de petites grands-mères qui sortent téléphones à clapet, éventails au nom de leur chanteur préféré et autres babioles de groupies !

Nous nous rendons vite compte que nous sommes exactement à l’endroit où il fallait être dans Tokyo ce dimanche (quand on a passé la soixantaine en tout cas) ! Ces deux chanteurs sont en réalité très connus ici, ce sont Natsumi Mizuki et Kouhei Fukuda, si vous voulez aller faire une tour sur les internets pour voir ce qu’ils font 😉 Après quelques chansons, serrages de mains, et quelques blagues (je crois…) échangées avec le moine présentateur, on passe à la suite…

La suite qui est en fait un rituel bouddhiste. Une file de personnes de tous âges défile sur scène, il semblerait que ce soit les personnes importantes de l’année (Les chanteurs de enka font bien sûr partie du lot). Toutes ont revêtu un vêtement traditionnel et entrent dans le temple.

Les moines clôturent la procession, on peux supposer que le moine en orange est le plus important, au vu de son porte-parasol attitré !

Juste après la procession, la mascotte d’une entreprise de sucreries s’affiche sur scène. Le mélange des genres est tel qu’on en oublierait presque qu’on est dans un lieu sacré ! On est bien au Japon !

Le silence se fait, et pendant une demi-heure, nous entendons les chants des moines, puis le nom de chaque personne qui est entrée dans le temple est chanté à voix haute (il y a bien sûr une petite clameur du public quand le nom de notre cher monsieur vert fluo est annoncé). À un moment particulier, tout le monde joint les mains, je fais de même sans savoir bien pourquoi et lorsque la cérémonie est fini, les enfants sont appelé à s’avancer dans un espace qui leur a été réservé. Allez, on continue…

C’est l’heure du mamemaki ! Toutes les personnes qui sont entrées dans le temple en sont ressorties et se sont emparé d’une boite pleine de petits sachets de mame, ces petits haricots grillés.

L’air se densifie, quelque chose se trame…

Et là… c’est le drame !

Camille qui avait son appareil photo encore à la main manque de se faire renverser (photo ci-dessus à l’appui). Les jetés ont commencé, et toute la foule, incluant les petites mamies, bondit, bouscule, saute, c’est la cohue ! Tout le monde essaie de se saisir de ces petits sachets qui volent.

Parmi les japonais d’ordinaire si calme, il n’y a plus de règles ! Je réussi à attraper au vol un petit sachet (pas si dur quand on fait une tête de plus que tout le monde, merci les gênes européens), mais beaucoup sont équipés, et ont amené chapeaux, sacs et tout ce qui peut aider à attraper les précieux… Au final on s’amuse bien !

 

À la fin, une dame nous voyant certainement un peu perdu, étourdis et tout étonnés de ce qu’il vient de se passer, français que nous sommes, nous fait don de petits sachets qu’elle a attrapé en nombre (il fallait bien que la fameuse politesse Japonaise revienne une fois terminé).

Après ça, on finit par la recherche des sachets tombés à terre, ceux qui se sont égarés sous l’estrade, les autres qui ont atterrit sur une lanterne… C’est un peu comme la chasse aux œufs de Pâques, les enfants sont d’ailleurs munis de petits panier. Les policiers se transforment alors en héros, munis des barrières de sécurités qu’ils démontent, ils récupèrent les petits sachets inaccessibles !

Même dans la surprise et avec une main pour Camille (l’autre protégeait son appareil photo), on a réussi à attraper 2-3 sachets chacun !

L’après-midi et l’évènement se terminent doucement, certains en profite pour aller faire une prière à l’intérieur du temple, d’autres récupère un goshuin (j’aurais aimé faire de même, mais on y reviendra quand il y aura moins de monde !), et puis le reste, notamment les enfants, partent acheter des friandises dans les petits stands à l’entrée du temple. On s’achète d’ailleurs un taiyaki, une gaufre en forme de poisson fourré à la pâte de haricots rouges (miam !).

Voilà qu’il est l’heure de rentrer, nous nous arrêtons devant un boulangerie qui vend des ehomaki. A l’achat de l’un de ceci, j’ai même droit à une petite pièce de 5 yens emballée, qui une fois placée dans mon porte-monnaie, sera censé le faire fructifier !
Ce soir nous dégusterons ce bon repas dans notre chambre, face au mur et en silence, pour respecter la tradition 😉

PS: Nous aussi, nous devions être les stars d’un jour avec nos têtes blondes, on voyait l’orga’ nous prendre en photo de loin, et un vieux monsieur avec un gros appareil photo nous tourner autour, pour au final, nous prendre en photo “discrètement” ! x)

Le petit détail japonais

Autant les japonais sont respectueux et en avance sur beaucoup de choses par rapport à nous, autant leur usage du plastique est démesuré ! Absolument tous vos achats sont emballés dans du plastique, vous vous retrouvez parfois avec 3 épaisseurs de plastique avant d’atteindre votre produit !

Le stand de barbe à papa… ensaché !

Vous reprendrez bien une couche de plastique ?

Cependant il est important de noter que contrairement à nous, aucun de ces plastiques ne se retrouve sur la voie public ! La problématique du plastique ne se pose alors sûrement pas dans leur esprit.

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